Enseignement public-privé, même combat ? Pas si simple…

1 Oct

Publié le 29/09/2011 08:14 | Bessy Selk

après la première manif

Une pancarte brandie lors de la manifestation de ce mardi, à Agen, dont le contenu était pour le moins explicite./Photo DDM. B.S.

Une pancarte brandie lors de la manifestation de ce mardi, à Agen, dont le contenu était pour le moins explicite./Photo DDM. B.S.
Une pancarte brandie lors de la manifestation de ce mardi, à Agen, dont le contenu était pour le moins explicite./Photo DDM. B.S.

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Alors que beaucoup ont relevé une communion entre enseigants du public et du privé dans la manifestation de ce mardi, une visite plus serrée dans les rangs tempère ce sentiment d’ œcuménisme apparent.

D’aucuns, dans le cortège protestataire de ce mardi, se sont félicités de la communion public-privé célébrée sur le pavé agenais, assurant qu’il s’agissait du « même combat » pour une « même profession ». Tableau idyllique et crédible à première vue, tant il est vrai que la première procession revendicatrice de cette année électorale a revêtu un caractère harmonieux, digne d’une ambiance d’un stade du Top 14. « Tous -ensem-ble, tous- en-sem-ble… ». Au cœur même du défilé, l’œcuménisme apparent était pourtant moins évident. Si tant est que ce soit le but, il faudra plus d’une manif (et une autre société ?…) pour que les uns et les autres communient à la même table des revendications.

Les deux syndicats majoritaires dans l’enseignement privé en Lot-et-Garonne étaient certes bien au rendez-vous. Et la FEP (Formation enseignement privé)-CFDT, comme le SPELC 47 (Syndicat professionnel de l’enseignement libre catholique) n’ont pas gardé leur étendard dans la poche. Leurs représentants n’ont pourtant pu ignorer, à quelques mètres d’eux, la pancarte explicite. Au recto : « Une seule école, l’école publique et laïque ». Et, pour ceux qui n’auraient pas compris le message, au verso : « Des postes pour le public, PAS pour le privé ».

La porteuse de pancarte s’est hier expliquée (notre édition de mercredi). Pour Nadine Demel, enseignante retraitée militante au SINUPP-FSU, tendance « L’Émancipation », l’école ne doit être que publique et laïque, insistant qu’« il faut nationaliser l’enseignement privé »… Elle se disait carrément « choquée qu’il y ait une manif commune pour deux écoles concurrentes ».

Une position tranchée que n’embrassent pas, dans l’extrême, les responsables syndicaux.

Secrétaire général CGT pour les questions d’éducation, Julien Bambaggi rappelait que la place des profs du privé était bien « ici » (NDLR : à la manif), qu’il n’était « pas opposé à eux, mais à l’Institution (privée) ». Et Laurent Jacquelin, le secrétaire général de l’union départementale en restait, sur cette question, sur le premier postulat : « L’argent du public doit aller au public ». Comprenez : pas acceptable que « nos » impôts » servent à financer des établissements privés.

« Les professeurs du privé sont des agents du droit public, répond Isabelle Capdeviole, la présidente du SPELC 47. Nous aussi, c’est l’État qui nous paye et c’est donc la même politique budgétaire qui nous est appliquée. Et les parents de nos élèves paient des impôts comme tout le monde, pour tout le monde ! ». Elle ajoute : « Si nous avons d’autres convictions, nous faisons le même métier et sommes dans la même galère ».

Une responsable qui précise que ce n’est pas la première fois, « comme les médias semblent le penser », que les enseignants du privé se joignent à leurs collègues du public. Lesquels médias ont surtout constaté, dans les rangs de ce mardi, que les poches d’intransigeance n’avaient pas toutes été percées..

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